Le titre de ce film est le nom d'une ville du comté d'Alameda en Californie dans laquelle vit la plus importante communauté afghane. L'histoire qui nous est proposée est filmée en 4/3 noir et blanc, ce qui contribue à donner à ce film une ambiance exigüe, dépressive et assez désespérée.
Nous suivrons le destin d'une jeune afghane, réfugiée privilégiée en ceci qu'elle fut traductrice pour l'armée américaine et qu'il a bien fallu l'exfiltrer, alors que pèse sur elle l'angoisse de sa famille restée au pays et qui risque des représailles. Elle travaille dans une quelconque fabrique de Fortune Cookies, ces biscuits associés à des petits billets de prédiction et elle s'ennuie profondément. Nous un peu aussi, car le ton choisi par le réalisateur est la litote contemplative.
Quelques personnages singuliers jalonnent le cours monotone de sa vie : une collègue spécialisée en speed dating cette technique de rencontres non engageantes créée par un rabbin aux E.U. fin des années 1990, puis un psychiatre qui aurait bien besoin de se faire soigner, encore un charmant garagiste un peu trop introverti, un voisin de palier, un restaurateur,...
Toutes ces personnalités sont observées d'un œil amusé mais cela ne suffit pas pour les rendre joyeux ou même attachants.
Le réalisateur iranien vivant à Londres nous propose ici son quatrième long métrage et l'on comprend bien son intention de montrer une jeune femme afghane qui ne correspond à aucun cliché lié à ses origines : pas de voile, pas de contrainte socio-culturelle mais qui est animée d'une vie à prendre à bras-le-corps malgré ses angoisses. Nous y sommes sensibles, mais cela ne la rend pas joyeuse.