Voilà une palme qui a été attribuée, faute de mieux. Car le film ne vaut pas cet honneur. Mais mérite plus que notre attention. L’histoire est originale qui suit une « fausse famille » tamoule, en exil en région parisienne. C’est aussi un film sur la banlieue violente, zone non contrôlée par la police, qui vit de trafics et de rapports de forces dans un codage très difficile à percer. C’est l’histoire aussi d’une forme de folie générée par la guerre et qui imbibe ceux qui y ont pris part.
C’est un film aussi sur l’immigration clandestine, sur les réfugiés, sur la misère et l’exploitation humaine d’aujourd’hui. Mais le film part un peu dans tous les sens. Les centres d’intérêts se déplacent, hésitent, le récit zigzag, manque de clarté, les thèmes ne sont pas exploités, développés, jusqu’à leur terme. En échange, la découverte d’un monde à la dérive est terriblement sensible, par la qualité des acteurs, par les décors, par les violences de tous ordres qui sont vues.