Enfer, pardi ! Voici du cinéma dodécaphoniste qui propulse des séquences dans une parfaite incohérence, sans le moindre lien entre elles, sinon le pseudo- charme d'un parisianisme grand bourgeois à l'ancienne qui rôde autour de la mort. Ça fait mal aux yeux comme la musique sérielle arrache les oreilles. Pas toutes sans doute puisque le film a été produit par C8, la chaîne de Vincent Bolloré le grand ami de Hanouna.
Ce qui attire les spectateurs, c'est une petite brochette de comédiens que l'on ne croyait pas obligés de cachetonner pour payer leurs impôts : l'extravagante Rossy de Palma, Roschdy Zem, Alex Lutz, Monica Bellucci exaspérante de maniérisme et André Dussolier en présentateur d'émission télé qui ouvre le film et le clôture (enfin) par ces phrases sentencieuses : Votre devoir c'est d'être heureux et encore plus fort : Il ne reste de nous que notre style et notre dignité.
La supposée histoire débute lorsqu'une diva est déclarée morte et qu'en fait elle ne l'est pas et se rend donc compte de l'indifférence médiatique qui entoure son décès. La mort est le sujet supposé lier entre eux les personnages du film. C'est mort !
Le nom de la réalisatrice d'origine iranienne ne vous dira sans doute rien, alors qu'elle est l'autrice d'une bande dessinée et du film d'animation qui s'en inspire : Persépolis un rare chef d'œuvre. Toutes ses activités (peintre, dessinatrice, scénariste et cinéaste, femme militante, engagée) font penser que ce film-ci est une vraie prise de tête qu'il est difficile de flinguer mais à laquelle il est encore plus difficile d'adhérer.
Les personnages du cascadeur et de son fils, de la jeune adolescente torturée, de la gamine dont on célèbre le 15^e^ anniversaire, le chef d'orchestre, le patron de bistrot, la réalisatrice interprétée par Marjane Satrapi, tous sont d'une incohérence qui donne au film un aspect de marché aux puces d'idées embryonnaires.
Et comme c'est une œuvre très forte, certains la défendent avec une véhémence qui donne tout son sens au titre : Paris est un paradis.