Mérite encore d'y plonger ! L'image restaurée est limpide, le son un vrai clapotis nostalgique.
Romy Schneider (qu'il a fallu imposer lors du casting...) est éclatante de beauté et de charme (surtout en gros plan). Alain Delon en pleine jeunesse renaît et Maurice Ronet essaye de faire jeu égal avant que ne s'éloignent de lui les succès d'une carrière plus qu'abondante. Et revoir Jane Birkin encore presqu'enfant dans son premier rôle de cinéma en France n'est pas inintéressant.
Le premier plan s'attarde sur le corps de Delon qui se laisse bronzer sur la margelle de la piscine et c'est amusant de voir ainsi offert aux yeux des dames l'objet de fantasmes que l'on essaye généralement de susciter en matant le corps d'une femme.
Le film est d'une grande sensualité mais d'une grande retenue aussi dans les scènes qui engagent les corps dénudés sans que l'intervention d'une coach d'intimité ne semble avoir été nécessaire. Le son envoûtant des cigales suffit à créer cette tension du désir partagé.
L'époque ne faisait pas l'usage encore du mot polyamour pour ce qui est évoqué dans le film.
L'ancien amant est très « beauf » et outre son comportement ambigu avec son ancienne maitresse, il fout le brin dans la villa en y amenant une bande de farfelus très Saint-Trop parmi lesquels Maddly Bamy qui se dandine avec un air niais qui séduira Delon ; mais ça, ce sera une autre histoire de polyamour avec Mireille Darc, contée dans le film Madly.
Le scénario de La Piscine est aussi léger que prévisible et son développement est lent et convenu.
Même la musique de Michel Legrand, dont le thème est célébrissime, m'a semblé faible par comparaison à d'autres créations majeures de cet immense musicien.
Il est amusant de signaler que le film fut tourné en deux versions, la française et l'anglaise, en même temps comme cela se faisait très couramment mais plus trop à la fin des années 60. Seul un rôle, celui de l'inspecteur, dut être doublé pour la version alternative.
Deux autres films ont été inspirés par cette histoire devenue iconique : Swimming Pool par François Ozon et A Bigger Splash (246).
Bref un moment de cinéma plein de charme et de nostalgie qui pose la grave question de savoir si l'amour qu'une femme porte à un homme peut lui faire admettre l'homicide qu'il a commis par amour pour elle.
Et l'image de fin du couple enlacé, filmé à travers une fenêtre qui évoque les barreaux d'une prison est une jolie façon de finir, fût-elle un peu surannée.
La version américaine elle, comprend une scène supplémentaire, l'arrestation. On n'est pas puritain sans que cela ne crée des devoirs pour éviter que le film ne plonge aux USA.