Une rare splendeur, un film magique. Il nous montre un coin de la Norvège, Oldedalen pour être précis, une bourgade enchâssée entre d'immenses glaciers dont les eaux ruissellent vers un fjord qui rejoint l'océan plus à l'Ouest, à la latitude des îles Féroé.
Le film est séquencé entre prologue, quatre saisons et l'épilogue.
Sans être un récit biographique, il y a un personnage central dans ces espaces immenses et désertiques. Il a plus de 80 ans et circule encore d'un pas ferme et prudent. Son épouse est présente également durant quelques brefs échanges sur leur bonheur, sur le lieu merveilleux dans lequel ils ont vécu. Et sur l'histoire des familles qui les ont précédés. Cet homme et cette femme sont les parents de la réalisatrice.
Le spectateur est invité à contempler ces images comme l'on écoute un concert, dans un recueillement émerveillé qui touche tous les sens. La caméra saisit ces panoramas avec sobriété, pour les caresser comme un regard fasciné par les tons bleu et rose de la masse des glaciers qui surplombent la vallée en la menaçant. Souvent vues du ciel, les images sont éblouissantes et cet homme parfois réduit à une minuscule silhouette, déambule, émerveillé encore et nostalgique de ces paysages sublimes où il a passé sa vie sur les traces de ses aïeux. L'eau est d'une limpidité de diamant. Et à l'automne, son ruissèlement se tarit, repris par la glace. Un peu comme nos vies qui avancent inexorablement vers leur fin. Et l'on médite sans savoir si c'est le couple, la cinéaste ou le spectateur qui s'imprègne tant qu'il le peut encore de cette beauté. Des images rares montrent la vie des oiseaux, celle des insectes qui butinent comme ceux photographiés par mon frère Olivier http://www.olivierdelaveleye.com/#prettyPhoto%20[book]/0/
La terre, décidément, a des sons incomparables et il est urgent de les sauvegarder.