Le grand talent classique de ce réalisateur (plus de 10 films) a déjà été apprécié dans Le Goût des merveilles (191) Délicieux (852) ou Les Choses simples (1134) pour plusieurs raisons que l'on retrouve ici réunies avec bonheur. Un casting de grande qualité, la beauté exceptionnelle des images, un dépaysement, une ruralité authentique. Ici un saut dans le temps nous amène à 1889.
C'est le 28 mars 1882 que la célèbre loi Jules Ferry rendant l'instruction obligatoire dès 6 ans a été votée. Un enseignement gratuit, obligatoire et laïc !
Louise Violet est institutrice et son passé, que vous découvrirez petit à petit dans le film, la destine, par vocation aussi, à prendre ses quartiers dans un village où l'agriculture prime sur la culture. Une population pauvre qui arrive à peine à se nourrir par un travail opiniâtre accompli aussi par les enfants.
La voix off de notre personnage central admirablement incarné par Alexandra Lamy nous distille certains éléments d'information ou d'explication qui permettent à la narration d'être continue, sans flash-back. Le maire, menuisier, interprété par un Grégory Gadebois une nouvelle fois excellent, installe l'école (et le logement de l'institutrice) dans une étable jouxtant son domicile. Il sera un intercesseur déterminant avec une population réfractaire à l'idée même d'enseignement. Le facteur du village jouera un peu le rôle des réseaux sociaux d'aujourd'hui, en colportant des nouvelles, souvent fausses, qui agitent les esprits les plus prompts à s'enflammer.
C'est un film sur « la bonne parole », une métaphore de l'obscurantisme qui menace partout où les forces politiques conservatrices triomphent.
Ce film est à voir aussi par des jeunes en âge scolaire pour qu'ils comprennent qu'enseignés et enseignants sont liés par un pacte : celui de faire progresser l'humanité.