Un film « brocante » qui dure trois (longues) heures et rassemble un nombre considérable de thèmes et de sous-intrigues, parfois un peu confuses.
Le titre allemand se traduit par « mourir » mais sa version plus « light » en français, Partition, suggère deux axes narratifs, celui littéral du document sur lequel s'écrit la musique et celui qui évoque un partage, une séparation.
Les questions de musique sont traitées de façon très sensible, essentiellement autour du duo formé par le personnage principal, chef d'orchestre, et son ami compositeur assez fantasque dont la présence aux répétitions n'est pas indolore.
Ne vous impatientez pas, la fin du film permet d'écouter l'œuvre émouvante, titrée simplement « Dying ». Vous voilà prévenus.
Les questions liées à la séparation sont, elles, innombrables car elles concernent essentiellement des liens de famille dont le moins que l'on puisse dire c'est qu'ils sont pathétiques. Le couple des parents en fin de vie, le fils chef d'orchestre très peu disponible, sa sœur qui boit plus que de raison et qui apparait plus tard dans le récit, des enfants aussi. Et bien entendu les amours passées, sincères, contingentes, tout ce qui constitue la « partition » de vies complexes et souvent douloureuses, avec ses chagrins mais aussi les quelques joies qui en jalonnent le parcours tortueux et torturé, provoquant parfois une sincère et libératoire hilarité.
La forme de l'écriture du scénario est à la limite du documentaire, proche du style un moment célèbre de Dogma. Les acteurs sont tous très « justes » et c'est pour quelques-uns d'entre eux, un réel tour de force tant certains personnages ont dû être difficiles à assumer.
Ce type de film est très clivant, primé à Berlin e.a. pour le meilleur scénario. Son réalisateur a déjà beaucoup travaillé avant de nous délivrer ici sans doute un film testamentaire sur le regard qu'il porte sur la vie ; elle précède toujours, sous de multiples formes, la mort.