Très civilisés, drôles, pleins de cet humour qui fait réfléchir sans prise de tête, mais sur des sujets essentiels, ceux de la dignité humaine. Avec une joyeuse brochette de femmes à qui il ne faut pas la faire, un féminisme de bon aloi et qui se savoure au second degré.
Nous sommes à Paimpont où chacun a « la banane », et dont le maire caricatural, Sébastien Lejeune, prépare l'arrivée de réfugiés que la municipalité a décidé d'accueillir. Mais voilà que ceux qui arrivent ne sont pas ceux qui étaient attendus...
Cette partie du film est traitée comme un reportage, celui d'une équipe de la télévision régionale, ce qui donne aux images tantôt le statut de documentaire à la manière de Michael Moore, dont le nom est d'ailleurs cité, tantôt celui de fiction plus conventionnelle.
Nous apprenons rapidement à connaître les personnalités des villageois et celles des réfugiés. Et bien entendu les points d'achoppement qui feront la saveur du récit.
Sous des airs de lieux communs prévisibles, ce sont en fait des questions essentielles qui sont abordées, mais avec une forme d'humour, de légèreté parfois qui se démarque positivement de la « comédie à la française » dont nous sommes gavés. Ici nul ne parle « le Macron », mais l'on est poète, médecin, certains militent dans la « fachosphère », un vieux militant anarcho d'extrême gauche dispose d'une longère et il en fait don ; cet acteur est le père de la réalisatrice.
Une courte séquence repose sur la seule bande sonore des plans qui sont visionnés par les habitants du lieu ; c'est bouleversant.
L'image, une nouvelle fois, même absente, joue un rôle essentiel comme dans The Old Oak (1279) de Ken Loach qui a traité, très différemment, du même sujet avec force photographies. Et il y a une étude à faire pour les apprentis scénaristes et cinéastes en comparant ces deux films.
Si le casting excellent est composé par des acteurs (re)connus et tous excellents, la réalisatrice qui vit aux E.U. depuis trente ans s'est sans doute fait un peu oublier malgré une très riche carrière dont il faudrait (re)voir les films comme comédienne ou réalisatrice. Elle joue admirablement le rôle de l'institutrice, initiatrice de cet élan d'humanité.
Et le dernier plan de ce film, tout à fait inattendu, justifie à lui seul l'existence de cette belle et généreuse production à voir par tous les publics car il en fait comprendre toute l'urgente et impérieuse nécessité.