Niki de Saint Phalle est une grande artiste plasticienne (1930-2002) dont ce film biographique excellent pour les bonnes raisons évoquées déjà pour Lee (1532) retrace la jeunesse et l'émergence de sa personnalité singulière, à la lisière de la folie. Comme pour Lee, c'est le prénom qui est, une fois encore, le titre du film souvent, comme ici, réalisé par une femme. Aline (875) Aurore (398) Amy (139) Carol (200) Clara Sola (966) Colette (588) Dalida (345) Dalva (1150) Eva (490) Félicité (394) Flo (1309) Jeanne du Barry (1191) Judy (741) Julieta (272) Lara (785) Marie-Francine (411) Maryline (449) Olga (883) Rosalie (1411) Rose (1142) Selma (119) Shirely (784) Sibyl (662) Tár (1114) Victoria (143-312) Whitney (538)... et j'en oublie !
La question que soulève cet usage très réducteur uniquement du prénom ne peut être expliqué seulement par la notoriété de certaines. Il me parait que dans cette façon de mentionner le prénom seul, sans qualification, perce une sorte de condescendance, de domination implicite, sur la femme évoquée.
Niki apparait dans ce film dès le premier et très long plan d'elle qui pose pour un photographe. C'est la bande sonore très amusante qui donne vie à l'image, d'une façon sarcastique.
La structure du film est articulée sur de nombreux flash-back, des rêves, des moments phantasmés et cela convient parfaitement à l'itinéraire de cette jeune fille qui va s'imposer dans un milieu d'artistes peu conventionnels : Brancuşi, Tinguely, Arman,... La chronologie est soulignée par quelques indications de dates et de lieu.
Et l'on ne peut s'empêcher de rapprocher, à un siècle de distance, le destin de cette artiste avec celui de Camille Claudel.
Si la création immense de Niki n'en est qu'à ses balbutiements dans le film, l'on y perçoit magnifiquement ce qui va inspirer cette œuvre « d'art brut » qui nous est évoquée jusqu'à l'invention de ces célèbres « Tirs » sans que jamais dans le film, une seule œuvre d'elle ou de quiconque soit montrée.
C'est l'effervescence créatrice qui circule entre toutes ces personnalités qui captive, et seul un secret qui émergera lentement et douloureusement semblera l'élément central d'une histoire dispersée.