L'anatomie d'une chute. C'est un peu le même schéma narratif, sans tribunal, qu'a choisi ce forçat du cinématographe pour son 23^e^ long métrage.
Mais le personnage central ici est une adorable grand-mère comme l'on en rêverait tous : tendre, qui mitonne des bons petits plats et fait des gâteaux succulents. Généreuse de surcroit.
Hélène Vincent est attendrissante dans ce rôle, épaulée par Josiane Balasko en pleine forme qui est son amie dans ce petit village un peu paumé dans une campagne giboyeuse roussie par l'automne ; métaphore qui renvoie à l'âge de ces deux amies.
Le film commence par une autre métaphore, une oraison dont le personnage est Marie-Madeleine qui oint les pieds de Jésus de nard. Prêtez-y attention car l'une des clés du film est ainsi indiquée de façon très allusive.
Inutile de raconter l'histoire, le cinéaste le fait parfaitement par petites touches successives qui s'emboitent et nous dévoilent la complexité de ces êtres auxquels tout semblait réussir en avançant en âge. Vous découvrirez que ce ne sera pas si simple, car les relations familiales et un passé peu ordinaire ne font pas nécessairement bon ménage. Et ce qui est touchant à découvrir, c'est que le mensonge ou l'omission sont parfois d'utiles recours.
Ici le dialogue intérieur, les méditations échangées avec des êtres disparus, sont matérialisés d'une façon irréelle qui dénote un peu dans le réalisme méticuleux qui caractérise l'ambiance du film. Vous y passerez un très agréable moment.