N'attendez pas pour aller voir ce (court) film bouleversant, d'un tact et d'une élégance à la mesure du sujet qui y est traité, celui des enfants qui ont « un p'tit quelque chose en plus », des enfants atteints d'autisme sous des formes diverses mais qui créent ces situations de handicap.
Ezra (1489) un film magnifique, nous fait aussi partager de façon très différente la saga d'un père et de son fils autiste.
Ici il est simplement question d'aller à la rencontre d'enfants qui ne peuvent être accueillis dans une institution adaptée, pour des questions d'âge, de comportement, d'éloignement géographique...
Nous voyons ces enfants chez eux, nous écoutons leurs parents d'une dignité qui force le respect, nous comprenons petit à petit leur désespoir, non seulement celui de devoir assumer l'enfant, mais celui aussi d'être confronté à une absence de relais sociaux.
24.000 enfants de plus de 21 ans attendent de la collectivité que la charge terrible que leurs vies provoquent soit répartie solidairement dans nos sociétés qui ont fait de la mutualisation l'un de leurs socles. Il faut pouvoir décharger les parents de l'obsédante question de savoir ce que deviendra leur enfant après leur disparition. Et la fin du film illustre de façon simple cette carence affligeante des pouvoirs publics.
Alors dans ce tissu diffus que tissent entre elles ces familles héroïques invisibilisées, se glisse un être magique, unique en son genre qui est nommé Zorro (Lucas Palisse de son vrai nom), sans doute parce que lui, lorsqu'il arrive, est capable d'apporter des mini-solutions pour que la cohabitation dans chaque foyer soit enrichie par des gestes, des attitudes, des échanges qui permettent d'alléger la peine de chacun. Double peine : celle d'être confronté à cet état, celle de n'attendre rien de l'État.
Et le titre du film donne au mot « attendant » un douloureux et double sens pour celles et ceux qui « attendent » une solution, souvent en remuant ciel et terre.
La réalisatrice a déjà traité de nombreux et intéressants sujets au cinéma. Ici elle montre tout son talent avec une sobriété, une voix off, des cadrages fixes le plus souvent qui expriment cette simple ambition de constater et de ressentir sans artifice ce qui n'est pas un cri mais un hurlement. Et elle sait de quoi elle parle, vous le découvrirez.