Un film tonitruant et bigarré. Nous sommes à Belfast en 2010 et ce film hip-hop, rappe et punk tout à la fois, plaide la cause honorable et importante de la survie de la langue irlandaise que l'oppresseur britannique aurait voulu éradiquer. Ce n'est qu'en 2022 que les anciennes lois poursuivant ce but seront abrogées.
Nous allons suivre quelques personnalités particulièrement en révolte, militantes, qui ne reculent devant rien. Violence, commerce et consommation de psychotropes, provocations en tous genres, insultes sont les ingrédients d'un univers auquel une voix off nous initie comme le ferait un guide touristique. Vous découvrirez sans doute l'insulte « taig » qui désigne les irlandais catholiques.
Le titre, le mot « rotule » en français, fait référence à la torture subie par nombre d'Irlandais qui devaient rester agenouillés devant les forces britanniques. Il désigne un groupe de 3 garçons dont le film raconte l'histoire improbable. Pour en accentuer l'extravagance, un enseignant qui défend la langue irlandaise (et qui préservera son anonymat grâce à une cagoule tricotée) est embarqué dans ce moment de réelle folie très bien évoqué dans ce premier film de ce cinéaste (anglais) qui a restitué avec talent et vigueur le style plus que l'histoire au sens commun, bien que certaines scènes soient reprises de faits réels, comme cet interrogatoire de police d'un citoyen refusant de s'exprimer en anglais, ou l'incendie volontaire du studio/garage.
C'est un film manifeste, atypique, et très désordonné, ce qui lui confère sa puissante singularité. N'y amenez pas votre future belle-mère après avoir demandé la main de sa fille, genou en terre ; ce n'est pas le même univers.