N'hésitez pas à les rejoindre, le spectacle est étonnant et sort de l'ordinaire qui nous dévoile un quartier populaire habité entre autres par Nicole, Denise, Elyse et Rubby, des femmes qui manifestement, veulent inverser le rapport homme dominant- femme objet. Et d'une joyeuse façon.
Éblouis par un plan superbe qui ouvre le film façon Orson Wells, les spectateurs vont faire la connaissance de 3 femmes étonnantes.
L'une est actrice (la réalisatrice, saisissante en Marylin symbole s'il en est de la femme objet) une autre est cam-girl, cette profession déjà évoquée dans Les Olympiades (872), la troisième est autrice en mal d'inspiration. L'avalanche d'aventures qu'elles vont connaître, dans un esprit aussi jouissif que provoquant, va faire naître par petites touches, une vision d'un néo-féminisme qui provoque frontalement la masculinité prédatrice.. L'érotisme est carnavalesque dans ce film mais permet d'aborder sans retenue des moments de la vie sexuelle que doivent subir des femmes qui n'en peuvent plus. Vous verrez la réalisatrice-actrice, chez le gynécologue comme il ne me souvient pas qu'une femme fut filmée déjà.
La réalisatrice avait noué une complicité forte avec sa co-scénariste qui avait réalisé le magnifique Portrait de la jeune fille en feu (696) et qui ici semble avoir contribué de façon déterminante à ce véritable strike dans le jeu de quilles des mâles à l'ancienne.
Noémie Merlant, avec ce film, avec Emmanuelle (1554), semble engagée dans une affirmation féministe pour la réappropriation par les femmes de leur propre corps, de leur propre vie.
Ici, nous vivons des scènes d'une drôlerie provocante, d'une revendication radicale, qui rendent le film très sympathique, même si certains moments sont répétitifs et d'autres inutilement longs. Le mélange des genres, gore, romcom, provocation sociale et comédie classique rend parfois la lecture du récit un peu chaotique mais il n'y a pas de doute que telle est l'intention de la réalisatrice.
L'essentiel est de partager la détermination de ces femmes qui ne supportent plus d'être réifiées par des mâles prédateurs.