Si vous souhaitez voir un film dans lequel il n’y a pas un seul plan superflu, en voilà un parfait exemple.
L’histoire en est presque banale : une famille défaite amenée à se retrouver à deux occasions. Ce qui rend la chose singulière, c’est que la mère des 3 enfants à tout quitté pour être la rockeuse d’un minable orchestre, en gagnant petitement sa vie comme caissière. Meryl Streep est sensationnelle ! Et il n’y a pas un acteur, un second rôle, une silhouette, un figurant qui ne soit admirable. C’est vraiment une merveille ce que le cinéma américain peut proposer comme fresque sociale ; avec un subtile décalage dans le temps qui ajoute un côté rétro charmant à l’histoire. Et l’on comprend tout, les liens complexes entre les gens, leurs côtés loser petits
bourgeois, leurs ambitions éteintes, leurs rêves inaboutis, les petites aigreurs et les frustrations.
Ce film montre des scènes de dialogues on ne peut plus classiques (champs/contre champs) un peu « tunnel » mais qui se tiennent de façon magistrale. Et aussi des scènes d’ambiance lorsque l’orchestre de Ricki est en scène, ou des repas en famille, la noce, qui sont des numéros pour anthologies, celle des fils spirituels de Robert Altman.
Et pour les américanophiles, ils seront aux anges : les décors sont à eux seuls une réussite rare. Enjoy !