La question est de savoir comment et pourquoi une actrice de très grand talent, Noémie Merlant, s'exhibe dans ce (long) film porno soft ? Me#Too, les mouvements féministes seraient-ils à ce point inopérants que l'on continue à produire de telles choses ?
Cette élégante dame arrive à Hong Kong et réside dans un palace, Rosefield, (ce nom est celui d'un hôtel à Riyadh qui coûte plusieurs milliers d'euros par nuit...) pour en faire l'expertise, façon Le Routard en limousine.
Une séquence est amusante et cinématographique, celle d'une pluie torrentielle qui provoque des inondations. L'image du film est très léchée, si j'ose ce pitoyable jeu de mot.
Mais l'on s'ennuie en pensant que la nymphomanie, les parties à 3, le voyeurisme, bref toutes ces déclinaisons du plaisir mériteraient d'être abordées de façon moins plate que dans cette espèce de peep-show.
On comprend vite que le corps de cette dame est un accessoire de jeu qui appelle plus que le désir, il lui faut aussi le risque. Ce qui nous vaut 6 séquences de sexe pour vieux libidineux.
Si le film provoque parfois une vague excitation pour la peau, il provoque surtout une vague d'ennui pour le cerveau.
La réalisatrice est une intello talentueuse, elle l'a prouvé dans ses deux précédents films, dont L'Événement (924) mais ici le sujet me parait détestablement traité, inspiré du roman, pas du précédent film, bien que le maintien du titre me semble, à tout le moins, un appel du pied.
Et les gazouillis autour de ce qui ne se veut pas un remake, parlent d'un portrait de la femme actuelle à la recherche de son plaisir, de son autonomie et de sa liberté, de la sensualité et pas de la pornographie. Un exemple de femme qui échappe au « male gaz », le regard masculin hétérosexuel dominant. C'est le moment de se documenter sur le travail de Laura Mulvey. Ce film me semble un archaïsme désastreux qui laissera peut-être l'image d'un usage innovant du cube de glace.