Un film qui nous apprend beaucoup. Le réalisateur avait déjà démontré ses talents et son sens politique dans Holy Spider (1057) qui est supposé se dérouler à Téhéran. Nous sommes ici en plein New York et la démonstration est de même nature : corruption, veulerie, violence si besoin.
Ce film-ci est un biopic sur les débuts de Trump dans sa vie d'entrepreneur. Il est interprété avec une subtilité convaincante par Sebastian Stan, l'un de ces acteurs ayant déjà beaucoup travaillé sans que son talent ne soit encore reconnu par un grand succès international. C'est bien ce qu'il mérite ici, ayant complètement assimilé la gestuelle de Trump, ses tics de grimaces, ses mouvements d'épaules, de bras et de mains tels que nous les voyons sans cesse dans sa vie actuelle de politicien pourri et délirant. Mais la découverte de ce film, c'est le personnage de l'avocat Roy Cohn, esprit maléfique qui sera le mentor de Trump à ses débuts.
Ce personnage est issu du maccarthysme dont il fut l'un des cerveaux. A son tableau de chasse, e.a. une contribution déterminante dans l'affaire Rosenberg et des clients mafieux notoires. A partir de 1974, il devient l'un des conseils des Trump et condamnera l'homosexualité, lui qui la pratiquait et qui mourra du sida en 1986.
Le scénario très fouillé est écrit par Gabriel Sherman qui s'était fait connaître en publiant le portrait du patron de la Fox, Roger Ailes, chaîne d'information très réactionnaire.
Ce film est une leçon sur la vie politique américaine où certains avocats ne veulent pas connaître la loi, mais le nom du juge, car bien souvent ils sont sous influence. Et ces avocats pourris excellent en une chose : facturer leurs clients.
Ici, vous en aurez pour votre argent.