Connaissez-vous Brian Epstein ? Voilà une excellente occasion de le découvrir, lui qui fut le découvreur des Beatles. Nous sommes en 1959 dans une modeste famille juive traditionnelle qui se consacre à la vente de disques de musique. L'un des deux fils, Brian, va prendre en main ce commerce pour l'amener à un niveau international essentiellement en commercialisant les enregistrements d'artistes qu'il va découvrir au début des années 60 dans les petits lieux de concert de sa ville, Liverpool.
Le film aurait dû être titré « Le jeudi 9 novembre 1961, un homme nommé Brian a descendu les escaliers d'une cave à Liverpool et a changé le monde pour toujours ». Titre difficile, remplacé par le nom du célèbre roi qui changeait en or tout ce qu'il touchait. Ce qui l'empêcha de manger et de boire. Aussi alla-t-il se défaire de cette malédiction en se lavant dans l'eau du Pactole, rivière en Turquie qui charria ensuite des paillettes d'or.
Le quatuor célébrissime des 4 garçons dans le vent est interprété de façon, sinon convaincante, du moins crédible par des musiciens qui ressemblent chacun assez bien à leurs modèles.
Un autre personnage de légende, Ed Sullivan, intervient dans le film parce qu'il était présentateur du Tonight Show qui a propulsé les Beatles aux U.S.A.
Jacob Fortune-Lloyd, acteur d'une grande réputation, nous est connu comme ayant été le duc de Buckingham dans Les Trois Mousquetaires-Milady (1319). Il arrive ici à s'imposer au premier plan malgré la turbulente réputation de « ses » vedettes qu'il balade à travers le monde.
Midas Man a connu trois réalisateurs successifs, comme il arrive parfois si les producteurs ne sont pas satisfaits !
Petit commentaire nostalgique : les producteurs du film sont les propriétaires du studio de Twickenham où j'ai fait un long stage en 1970, lorsque Richard Lester, le célèbre réalisateur de A Hard Day's Night (sorti en 1964) y était une vedette très entourée.
Il y a dans ce film-ci des procédés narratifs assez singuliers.
L'acteur s'adresse au public du film en voix off, explicative, mais surtout certains plans de lui le montre nous parlant face caméra, avant de réintégrer le récit, dans le même plan. Des effets en noir et blanc, des traitements de l'image façon écran télé de l'époque, donnent à certaines brèves séquences un aspect « archives » qui vise à crédibiliser le récit.
La colorimétrie du film dans les tons bois, fauves, donne une sorte d'élégance surannée aux décors. Le destin de cet homosexuel caché, qui a abusé de l'alcool et des médicaments jusqu'à en mourir à 32 ans à peine, est assez touchant. Décidément, transformer tout en or n'est pas la voie la plus certaine du bonheur.