En friche. Si vous pouvez souffrir qu’à la cour de Louis XIV l’anglais soit la langue en usage, si vous pouvez admettre que Le Nôtre, architecte paysagiste on ne peut plus français soit interprété par un flamand (Matthias Schoenaerts à l’immense talent), alors il est possible d’espérer entrer dans ce récit.
J’avoue personnellement que, malgré la grande beauté des dialogues en anglais, je surmonte mal mon étonnement et je ne retrouve pas le génie de la langue de Fénelon, Bossuet, La Roche-foucault ou Madame de Sévigné pour ne pas parler de Molière. Et il se trouve que les dialogues sont essentiels à l’intrigue. Elle se déroule à Versailles où doit se construire une salle de bal à ciel ouvert : le bosquet des rocailles.
Ce lieu existe bien à Versailles mais Sabine de Barra qui l’aurait créé - personnage central du film - n’est que pure fiction. Tout est artificiel : la rocaille, les liens de cette Dame avec Philippe, frère du Souverain interprété de façon un peu lourde par le réalisateur lui-même, l’amour avec Le Nôtre, l’histoire même très mélo d’une jeune enfant qui meurt sous les yeux de sa mère dans un accident de voiture (attelée !). Bref, le travail du scénario est épais, pesant. Mais permet de nombreuses scènes qui ne manquent pas de charme. Les reconstitutions, les costumes, les décors extérieurs, l’efficacité très british du savoir-faire cinématographique retiennent l’attention mais ne provoquent ni l’empathie ni l’adhésion.