Ce film très intéressant est pratiquement un documentaire qui nous permet de partager au plus près le quotidien d'un réfugié ghanéen qui pédale à longueur de journée dans Paris comme livreur de repas, ces esclaves modernes façon rickshaw de la malbouffe.
Déjà son statut en attente de régularisation en fait une proie pour un autre ghanéen, régularisé lui, qui sous-traite son permis de pédaler.
La succession des contacts de ce sprinteur est édifiante : clients de toutes sortes, restaurants pourvoyeurs de ces colis à amener à toute vitesse, la nuée de compatriotes qui sont demandeurs. C'est une véritable incursion dans un monde parallèle. Et le soir, exténué, ce brave Souleymane rejoint en bus, s'il ne le rate pas, un dortoir collectif aménagé pour les pauvres hères de son genre.
Le sujet difficile de ces vies si différentes qui se croisent avec les nôtres a déjà été très bien traité e.a. dans Quelques jours pas plus (1427). Mais aussi Tori et Lokita (1020). Lectures à recommander sur le sujet : <https://reseau-amy.org/des-films-sur-les-migrations/> ou encore :
<https://www.histoire-immigration.fr/integration-et-xenophobie/la-figure-de-l-immigre-dans-le-cinema-francais-depuis-les-annees-70>
Ce film-ci ne peut que provoquer compassion et empathie pour ces damnés du macadam parcouru à vélo dans tous les sens. Et leur sort fait l'objet d'une âpre bataille juridique qui vise à leur donner un statut moins indigne, sous le nom de « l'arrêt Deliveroo » qui tarde à être appliqué.