Voilà un film dépaysant et d'une délicieuse délicatesse. Il débute lors d'une réunion familiale sur la tombe d'un aïeul qui est célébré. Et il se terminera dans le même lieu après le récit complexe qui nous est proposé.
La grand-mère a deux fils, de tempéraments contrastés. L'un d'eux est marié et le couple a un fils qui sera le jeune personnage central de l'histoire. C'est aussi un rappel que dans ce pays la transmission du patrimoine se fait par les hommes.
Cette réalisation est la première pour ce metteur en scène qui a fait ses armes à la télévision thaïlandaise. Et son film est un réel dépaysement de culture et de sensibilité, néanmoins très touchant car il donne à voir que les grandes questions qui relient les membres d'une famille semblent les mêmes quelle que soit la culture du pays où vivent les protagonistes.
Le récit n'est pas simple, pas linéaire, et il faut capter les nombreuses diversions qui à la fois enrichissent ce microcosme organisé autour d'une femme âgée et malade et évoquent aussi des confrontations feutrées autour de thèmes familiaux assez généralement contrastés : le rapport à l'argent, la prise en charge d'un membre de la famille qui est malade, les réflexes égoïstes et le repli sur soi dans le deuil.
Une musique, au piano le plus souvent, accentue le côté sombre et sensible de l'ambiance qui règne entre les protagonistes. Et n'attendez pas que l'on partage avec vous une recette pour devenir riche à l'approche de l'adieu.