Le charme opère dès le pré-générique qui met en place un système narratif et visuel tout à fait original et d'une grande beauté. D'une grande habileté aussi qui incruste des parties d'images pour passer d'une époque à une autre. Avec des retours en arrière, quelques extérieurs alors même que l'essentiel du film est tourné par une caméra immobile et pratiquement un seul cadre dans le living de la maison où tant de choses se passent « ici » sous nos yeux.
C'est une pépite de nostalgie et de virtuosité technique, réglée comme une horloge, celle qui marque le temps de nos vies ici mélangées avec en plus un parfait sens des concordances émotionnelles et des cohérences chronologiques.
De ce réalisateur de plus d'une vingtaine de films, nous avions apprécié déjà The Walk (172) et Allied (331) qui réunissaient toutes les qualités retrouvées dans Here, ainsi que l'acteur Tom Hanks, découvert par le même metteur en scène dans Forrest Gump et utilisé plusieurs fois encore, dans The Cast Away e.a.
Hanks et ses partenaires bénéficient ici d'une technique de rajeunissement Metaphysic Live qui utilise l'intelligence artificielle pour filmer et rajeunir ou vieillir les visages, en direct, sans devoir recourir à de fastidieux travaux de post production.
Un hologramme est généré qui propose un visage différent de celui de l'acteur filmé.
Nous ne sommes plus dans un film qui cherche à épater par le spectaculaire et les effets spéciaux de reconstitution ou de virtuosité. L'ambiance ici est intimiste et le scénario d'une singulière originalité.
C'est un immense événement technologique dans l'histoire du cinéma et rien que pour en être témoin, ce film mérite d'être vu comme d'autres réalisés par la même équipe qui avait fait avancer les technologies de l'image de façon spectaculaire.