Un conte, une fable glauque à 5 personnages : la veuve du boulanger, l'ancien commis qui revient au village quitté il y a des années, le fils du boulanger, le voisin célibataire et le curé.
Très vite après les funérailles, l'ambiance se tend à cause de non-dits refoulés, à cause de petites ambitions et de rivalités de coqs. Le parti pris est clairement de nous enfoncer dans un marécage humain symbolisé par une (très belle) forêts dans laquelle auront lieu des rencontres fortuites et bien d'autres choses.
Pour épicer le récit quelques personnages secondaires, la belle fille, deux pandores qui valent leur pesant d'or, font clairement comprendre qu'il y a des choses qu'ils ne comprennent pas. Et les aveux distillés dans des échanges bien écrits mais qui augmentent l'irréalité de l'histoire en font avancer à pas comptés le déroulement.
De ce réalisateur j'avais commenté Rester vertical (299) en des termes que je pourrais reprendre quasi, mot pour mot. Il faudra faire preuve de miséricorde pour son 7^e^ film de long métrage, clivant parce qu'il fut sélectionné à Cannes, sans quoi il serait sans doute passé relativement inaperçu sauf pour ceux qui s'intéressent à la façon dont un réalisateur homosexuel essaye de militer, en cette matière comme en politique dans sa vie de citoyen.
Une réplique du film donne sans doute le ton à la fois humoristique et radical que le réalisateur essaye laborieusement d'installer « On a besoin de meurtres ». Bien que le film s'ouvre sur un enterrement et se termine au cimetière, je préfère penser que ce n'est pas un vrai besoin. Soyons miséricordieux, tout le monde doit vivre.