Nous sommes plongés dans la Corse des luttes armées entre clans.
Le film commence étrangement par la fin d'une chasse qui nous montre celle qui sera le personnage central du film, en train de dépecer le sanglier mort. C'est bien entendu la métaphore de ce qui va suivre qui sera filmé à hauteur de cette adolescente, de son point de vue essentiellement.
Il y a un côté coming of age assez singulier pour cette jeune fille qui va retrouver, contre sa volonté, son père qui mène une vie en lien avec le crime corse façon années 1995-1998, celles de l'assassinat de Claude Érignac. Mais le film est plus une histoire de vengeance, de chasse à l'homme qu'un plaidoyer politique indépendantiste, bien que ces problématiques constituent la toile de fond de ce que cette toute jeune femme va découvrir non sans effroi.
Un monde dans lequel on respire, on mange la peur. C'est ce qui nous garde en vie proclame le père.
Il y a de nombreuses illustrations répétées dans le film de la concurrence des devoirs de l'homme entre son rôle de père et le rôle assigné par les règles tribales de la vengeance. Et d'autre part, les images d'étreintes, d'embrassades où échouent les émotions inextricables, les douleurs dont on sait qu'elles seront inextinguibles.
Leurs causes et rebondissements sont généralement montrés à la télévision.
Les personnages principaux ne manquent pas de charme, mais ils ne sont pas tout à fait convaincants. Est-ce le fait qu'il s'agit d'acteurs amateurs ?
Et le titre du film me semble d'une parfaite incongruité. Certes les ambitions de la scénariste et du réalisateur étaient royales, mais nous restons un peu dans l'antichambre de la salle du trône.