Rarement un titre m'aura paru aussi abscons, alors que ce film devrait attirer un vaste public sensible à la description d'un microcosme social comme l'avait déjà brillamment réussi ce réalisateur flamand de Patrick (686) et de Wil (1285).
Ici, nous sommes plongés dans une Irlande très pauvre, à Noël 1985 et l'ambiance générale s'apparente à celle de certains films de Ken Loach, en moins bavard.
La musique (et la bande sonore) m'ont paru d'une grande originalité qui contribue de façon importante à créer des ambiances tendues, lourdes, sans modulation, ce qui accentue encore ce côté slow cinema qui laisse le temps de ressentir, de percevoir d'infimes détails qui construisent petit à petit la complexité d'un récit tout en nuances.
Le film commence sans qu'un personnage ne focalise particulièrement l'attention. Ce n'est que progressivement que nous ferons connaissance d'un homme et de sa famille.
Il se fait que son rude métier l'amène à voir du monde, et donc à être témoin, involontaire, d'un grave problème qui est le centre du film. Mais sur lequel l'on ne s'appesantit jamais.
La structure narrative est en deux époques celle du récit de 1985 et celle des souvenirs souvent traumatisants de cet homme que nous suivrons pratiquement à chaque plan. C'est un excellent Cillian Murphy qui incarne ce prolétaire, lui que tout le monde a admiré dans Oppenheimer (1239) parmi d'innombrables rôles intéressants.
Et pour compléter les grandes qualités de ce film, la photographie remarquable de Frank van den Eeden, le très talentueux chef opérateur du cinéma flamand.
Il s'agit d'une adaptation du roman Ce genre de petites choses de Claire Keegan, autrice irlandaise, qui a dénoncé un immense scandale dans une communauté de religieuses particulièrement perverses.
Ce film n'est pas une petite chose, il est aussi passionnant par le traitement de son sujet que formellement réussi.
Smile 2
Parker Finn
2024/11
Le contraire d'un sourire ! Pour moi, ce genre de film est abominable, l'horreur dans tous les sens du terme. Le vague fil conducteur de l'histoire est une vedette de la chanson, Skye Riley qui, ayant été victime d'un accident de voiture et d'une malédiction, remonte sur les planches malgré ses douleurs, ses phantasmes et ses angoisses. Pour se soulager, elle consomme du Vicodin, médicament/drogue très en vogue dans les milieux du show business e.a. à côté de la coke et de l'alcool.
Sans doute ce film est-il en compétition pour le record d'utilisation des mots très élégants fuck et fucking que l'on doit subir à chaque réplique.
Si l'actrice Naomi Scott impressionne par ses prestations très contrastées, c'est la seule chose qui maintient un vague intérêt dans ce bric-à-brac scénaristique qui ressemble à une remise pour vieilles recettes rouillées.
J'avais eu la sagesse de ne pas aller voir le film précédent, Smile et ici j'ai été atterré par le nombre de scènes hémoglobines et violences en tout genre, sans autres raisons d'être que d'effrayer les petites jeunes filles dans la salle qui gloussent comme des oies, admiratrices sans doute de Taylor Swift. Peut-être subissent-elles aussi un rude traitement d'orthodontie, ce qui aurait été à l'origine du roman graphique (*Smile. A Dental Drama) de Raina Telgemeier qui a inspiré ces films...
Ici, le cinéaste a changé de se(r)vice et l'on est dans la chirurgie de champs de bataille hyper gore et dans la psychiatrie de carnaval. Pour passer d'une séquence à l'autre, il faut subir des jump-scares, ces moments faits pour renverser ses popcorns sous l'effroi d'une vision outrancière destinée à faire sursauter.
Il y a un public pour ce genre de films, à mes yeux totalement dépourvus d'intérêt, malgré le soin apporté à sa mise en œuvre : lumières, cadres, et une bande sonore qui est ici un exemple de sophistication. Mais à quoi bon tout ce travail qui ne fait même pas sourire.