Le parfait exemple d'un film soigné, classique comme un récit de fantôme pour effrayer les enfants avant de leur souhaiter une bonne nuit. C'est convenu et sans aucun intérêt. Sauf celui, chaque fois renouvelé, de démontrer que prier ne sert à rien.
Cependant le début du film est sensationnel : deux jeunes femmes, assises côte à côte sur un banc sont filmées de dos puis de face et l'on écoute leur dialogue plus qu'étonnant pour deux jeunes religieuses mormones qui reprennent leur souffle avant de continuer leur labeur de prosélytes, poussant leurs vélos, distribuant leurs tracts et sonnant à des maisons avec l'espoir d'être reçues.
Ce qui est le cas chez Hugh Grant qui va s'occuper de ces jeunes filles avec une onctuosité pleine de prévenance. Et la conversation portant sur les croyances, les religions et leurs diverses formes, ces jeunes filles se pensent en terre fertile pour accomplir leur mission. Évidemment tous cela va déraper d'une façon assez convenue et peu intéressante.
Des propos iconoclastes sont échangés, mais ils n'intéressent personne.
Bien entendu la situation évolue vers des moments dont la raison d'être est l'effroi. Mais tout cela est tellement carton-pâte que l'on n'éprouve que de l'ennui. Si l'hérésie est l'opposé de l'orthodoxie, le film a mal choisi son titre, car plus orthodoxe que cela, il n'y a pas dans le registre de l'épouvante.