Il n'y a pas d'autre pays pour les Palestiniens que la Palestine.
Et c'est en Cisjordanie que le film se déroule comme un reportage courageux, tourné très souvent face à l'armée israélienne particulièrement nerveuse car amenée à faire un travail affreux, celui de détruire les maisons et les infrastructures de quelques villages pour le motif simple qu'ils se trouvent « soudain » en zone de terrain d'exercice militaire.
Décision évidement prise au mépris des habitants pour préparer, ce que nous voyons à la fin du film, l'arrivée de colons qui sont armés non pas de bonnes intentions, mais d'armes pour imposer leur présence.
Le film couvre une période allant de l'été 2019 à 2023 et certaines images sont extrêmement poignantes qui montrent le désespoir de cette population rurale qui peine à extraire des cailloux de quoi subsister et nourrir un petit bétail. Même l'école est réduite à néant. Les exactions commises par l'armée sont spectaculaires et l'on comprend qu'elles génèrent une haine inextinguible.
Car c'est autour d'une table que doivent se régler ces questions, pas aux commandes de bulldozer, de jeep et de blindés.
Le fait que ce film soit le fruit d'une collaboration entre un Palestinien et un Israélien est évidemment un signe d'espoir.
En 1974 Borhan Allouié avait réalisé Kafer Kasem qui montrait, dans un film de fiction, un épisode historique et dramatique de1956 illustrant cette même douloureuse question.
Et il semble que depuis, l'histoire se répète inlassablement. La haine est un poison mortel et tout ce qui la suscite est une complicité inadmissible.
Ici, le film est un geste, un appel vers les bonnes volontés. Puissent-elles se rencontrer comme ces deux journalistes, car il n'y a pas d'autre pays pour que puisse s'y résoudre la paix.