Voici un sujet très important qui a été abordé déjà sous d'autres angles, celui des femmes non musulmanes qui rejoignent de leur plein gré les combattants du Jihad en particulier en Syrie. Les Cowboys (182) Hawar, nos enfants bannis (1270) Les Filles d'Olfa (1226) et le remarquable Rebel (1036) parmi de nombreux autres nous sensibilisent à ces drames dont l'ampleur est encore méconnue.
Ce film-ci nous permet de suivre, à partir de juin 2014, deux jeunes sottes (l'une se fera appelée Rabia) qui vont se jeter dans la gueule du loup à Raqqa, pour rejoindre une sorte de gynécée, réserve d'épouses pour les combattants de Daesh. Ces lieux sont nommés « madafas » et ont de frappantes analogies avec des lieux semblables exploités par le IIIe Reich.
L'histoire est édifiante, simple à suivre et très démonstrative, sans excès de voyeurisme. La cheffe de ce lieu de trafic d'êtres humains est interprétée par Lubna Azabal qui m'a semblée moins convaincante qu'elle ne l'a été de nombreuses fois déjà. C'est sans doute dû à la façon dont est montré cet enfer, comme un film de fiction, appliqué, mais qui n'arrive pas à crédibiliser les images au-delà de l'information qu'elles délivrent, comme arrivent à le faire des films « façon reportage ». Ce qui n'enlève rien à l'importance de ce film-ci très interpellant.
Une très belle réussite pour une première réalisation d'une femme qui s'est longuement documentée et qui propose une œuvre impressionnante et utile.