L'histoire est dite inspirée de faits réels, mais comme personne ne les connait, le scénario se déploie de façon admirable, originale et il maintient un intérêt constant pour ce film passionnant comme un excellent triller, dans une ambiance pratiquement dépourvue de violence, mais empreinte d'une grande acuité des regards portés sur les personnes que nous allons rencontrer et les situations que nous allons découvrir.
Aïcha est la fille unique d'un couple très modeste et endetté. Elle gagne sa vie comme employée à Tozeur dans un paysage somptueux de l'Ouest de la Tunisie proche de l'Algérie, au Mirage Hôtel, le bien nommé, dans lequel elle se rend chaque jour dans le minibus de l'établissement. La suite à l'écran.
Le réalisateur s'était fait remarquer déjà par son premier film Un fils (772) qui avait toutes les qualités de celui-ci mais le scénario, la richesse et la complexité thématique abordée cette fois donnent à ce film-ci une densité très forte et le spectateur est happé par une histoire policière mais aussi très révélatrice d'une Tunisie « ordinaire » et méconnue qui mérite une particulière attention.
Aïcha est sans doute très représentative de cette génération de jeunes adultes, de femmes en particulier, qui sont déterminés à prendre leur destin en main, en dépits des traditions, des rôles assignés aux femmes et d'un pouvoir corrompu.
Aïcha c'est beaucoup mieux qu'un séjour au Club Med, c'est la vraie vie dans un pays que les touristes ne peuvent pas connaître et qui mérite de l'être. Grâce à ce genre de film une nouvelle fois.