Charles Martel est né à Andenne ce qui aurait pu en faire un ancêtre de notre mythologie belge. Mais ce sont les Français qui l'ont instrumentalisé pour avoir stoppé une invasion musulmane, arabe et berbère, celle des armées omeyyades, on ne sait exactement ni où ni quand, mais tout le monde dit à Poitier en 732.
Lors de cette bataille, le chef des envahisseurs Abd al-Rahman ibn Abd Allah al-Ghafiqi a été tué. Charles ensuite a été un chef de guerre déterminant pour établir l'autorité franque à l'époque de ce qui est considéré comme la fin des Mérovingiens et le début du Moyen-Âge.
L'un des fils de Charles, Pépin, eut lui-même un fils : Charlemagne.
Un peu comme Clovis ou Jeanne d'Arc, ces personnages ont été instrumentalisés par une hagiographie patriotarde, conservatrice et souvent nationaliste radicale, une droite identitaire et catholique bien-pensante.
Charles Martel est interprété par un Damien Bonnard qui ne s'en sort pas, écrasé par le ridicule du rôle, des costumes et des propos qu'il échange avec la fille aînée d'un couple contemporain, modestes émigrés de première génération établis à Paris.
Et pour ajouter encore au ridicule de ces apparitions, seule l'adolescente le voit et lui parle...
La réalisatrice franco-tunisienne du très apprécié Un divan à Tunis (756) s'est lancée ici dans un récit qui se veut une dénonciation du racisme en France, dans les années 90.
Si la cause est très bien illustrée par de nombreuses et excellentes séquences, l'idée d'en faire une espèce de fable aux allusions historiques, rend l'ensemble peu lisible malgré les talents réunis pour faire vivre cette famille qui risque de se retrouver sans logement. Dans ce film aux relents féministes, la reine mère va-t-elle pouvoir imposer son règne ? Réponse à l'écran.