Je ne dirais pas de ce film qu'il est « méchant » (wicked) car il propose un spectacle partiellement musical d'une luxuriance exceptionnelle. La protagoniste est habillée en rose façon Barbie, l'antagoniste est une femme... verte. Car le noir n'est plus politiquement correct. Tout cela est kitchissime et un peu bas de plafond, un récit qui ambitionne de nous illustrer que le bien l'emporte sur le mal ! Ouf, mais cela dure un peu longtemps et malgré les costumes somptueux, les décors magiques, les effets les plus sophistiqués, il y a une petite impression qui s'installe que l'on tire sur la ficelle. Alors les musiques se déchaînent, essayant de placer les prochains tubes planétaires. Et la suite, Part Two nous est déjà promise sans risque pour l'année pro-chaine car elle a été tournée en même temps que la première partie. Ce film-ci est le septième de ce réalisateur et je n'en ai vu aucun. Il semble très spécialisé dans la comédie musicale, digne successeur de Stanley Donen ou de Bob Fosse.
Personnellement j'ai trouvé le film un peu mièvre, charriant les clichés les plus éculés sur le genre, la distinction de race, les rôles hommes femmes, etc.
Mais tout cela se passe au pays d'Oz que je ne connais pas... Créé par Lyman Frank Baum, cet univers de fiction a connu des déclinai-sons, des suites, des variantes infinies, dans des récits littéraires pour enfants et un public qui aime le rêve. Bien entendu le cinéma et Broadway s'en sont emparé et l'écrivain Gregory Maguire a pro-longé cet univers en le travestissant en profondeur, d'où son livre Wicked : La Véritable Histoire de la méchante sorcière de l'Ouest qui inspire ce film après avoir fait l'objet d'un spectacle ayant connu un immense succès.
Avec de tels géniteurs, il est facile d'imaginer que les prérequis pour décoder tout cet univers sont pléthoriques.
Les moyens mis en œuvre pour la production de cette comédie mu-sicale sont pharaoniques et le seul plaisir de les apprécier mérite de se laisser entrainer par la main d'un enfant pour aller voir ce récit qui n'a vraiment rien de méchant.
Anecdote amusante : Wicked Pictures est le nom d'une société de production de film porno qui a employé une certaine Stormy Da-niels. Lors de la commercialisation des poupées inspirées par la comédie musicale, les boites de ces jouets renseignaient le site de la production porno. Oups !