Pour les cinéphiles nippophiles tout ira bien. Ils passeront un moment d'une délicatesse et d'un raffinement délicieux en partageant par périodes successives la vie d'une famille. La douairière vit en couple avec une dame. Voilà qui est assez singulier chez les Hongkongais mais le réalisateur se veut promoteur d'un cinéma queer qui compte déjà de nombreuses œuvres sur ce thème ici développé à mi-mots.
L'ambiance décrite de la vie de ces deux dames dans l'âge mûr pourrait être celle de la bourgeoisie aisée. Bel appartement spacieux dans une ville qui manque de place, shopping sans contrainte de moyens et respect des traditions, dont celle de la fête de mi-automne à laquelle nous assistons qui réunit toute la famille.
Mais lorsque le deuil frappe l'une de ces deux dames si agréables, l'on sent que tout n'ira pas bien car les questions complexes de transmission de l'héritage vont troubler la vie de ce petit univers que l'on croyait en harmonie et solidaire.
L'image du film est délicatement en accord avec l'ambiance qui retient peut-être plus encore que l'histoire elle-même. La situation des couples homosexuels et la transmission de leurs biens après le décès de l'une d'elle est un sujet à la fois sensible et peu universel. Ce qui est plus perceptible dans ce film, c'est le refus social d'assumer des destins qui ne correspondent pas à la norme.