Très attachant. Un film choral qui rapproche une libraire féministe célibataire, un beau-père qui devient père, le père du jeune beau-fils, et nombre de membres et proches de ces familles. Le film est inspiré par le roman L'Intime d'Alice Ferney.
De cette réalisatrice j'avais commenté déjà Ôtez-moi d'un doute (432) et Les Jeunes Amants (929) et il m'a semblé que ce cinquième long métrage d'une autrice pour la jeunesse approfondissait significativement son talent à restituer des situations complexes de la vie ordinaire, dans une ambiance à la Sautet dans laquelle se mélangent les choses de la vie. C'est une histoire simple durant laquelle le jeune fils (admirable jeune acteur de 6 ans à peine) passe quelques jours avec tantôt l'un tantôt l'autre de ses « pères » ce qui nous fait admirer un Raphaël Quenard très surprenant et un Pio Marmaï qui est la poutre maitresse de l'histoire. Valéria Bruni-Tedeschi se distingue aussi par le personnage qu'elle incarne de façon très naturelle et travaillée, pour ne pas dire maniérée, tout à la fois.
Le reste du casting est à la hauteur de ce récit qui ne repose que sur le jeu des acteurs, leurs dialogues, leurs rencontres, leurs questionnements parfois muets. L'histoire progresse par paliers chronologiques, celui de la croissance d'un tout jeune bébé qui nait au début du film. Chaque âge, chaque événement de ce petit être, chaque année scande l'histoire comme les notes d'une gamme que l'on apprend à maitriser, celle de la vie.
Et nous restons attentifs tout au long de ce récit méandreux qui à la fois parle de nous mais des autres aussi, dont le parcours, les valeurs, les engagements sociétaux forment un kaléidoscope de la génération des quarantenaires qui ne se laissent pas enfermer dans des stéréotypes. Mais qui sont capables d'attachements.