Le grand amour est celui qu'ont connu les parents de cette fille, jeune cinéaste, qui va les interroger sur leur passé. Et à cette occasion, les parents se retrouvent. Et ce rapprochement fait l'objet de l'histoire qui révèlera à la fin (un peu tard d'un point de vue de la construction de la dramaturgie) tout un pan caché de la vie du père interprété par un François Damiens qui pour une fois, m'a semblé crédible. Isabelle Carré est son ex-épouse et elle est d'une espièglerie, d'un dynamisme qui la rend bien sympathique. Leur fille, Claire Duburcq deviendra une comédienne qui compte. Elle incarne en quelque sorte la réalisatrice car c'est de ses parents qu'elle nous conte l'histoire réelle dans son premier film.
Le fait que le film débute au printemps 1991 nous vaut le plaisir de revoir du matériel de cinéma, en particulier une table de montage, dont les jeunes générations, celles du numérique, n'ont même plus idée comme sans doute elles ignorent le précurseur de l'internet, ce fameux minitel qui est utilisé dans le film.
Tout est parfaitement maîtrisé dans ce récit qui n'a pas de temps mort et qui ose une chronologie mélangée mais qui se justifie bien par les informations révélées par chaque époque. Si ce film ne provoque pas un grand amour, il est d'une qualité très appréciée pour un feel good movie qui parle à tous ceux qui pensent qu'il n'y a pas d'accords parfaits entre les gens, mais qu'il n'y a que des envies contrariées qui jalonnent nos vies.