Ce film est important. Tourné à Téhéran par ce couple très remarqué déjà pour Le Pardon (876) il est un pied de nez, un acte de résistance à ce régime innommable qui ne s'est pas trompé sur les intentions du scénario : les réalisateurs ont été arrêtés par la police comme le fut la comédienne Lily Farhadpour, écrivaine, journaliste et militante des droits des femmes qui déjà, était de la distribution de Le Pardon.
Elle interprète de façon truculente une femme mure, veuve, dont la fille est décédée et qui va renouer avec quelques copines bien décidées à ne pas se laisser isoler et abattre par les règles oppressantes imposées par le régime qui a tué Mahsa Amini parmi tant d'autres et qui vient encore d'emprisonner la chanteuse Parastoo Ahamadi.
Le film nous montre une rencontre puis une soirée de mépris de tous les interdits. C'est amusant, bien interprété et filmé avec une rigueur de cadres fixes en plans relativement larges qui semblent être la matérialisation d'un regard distant sur ce qu'est la vie quotidienne de ces populations oppressées.
La fin du film est à la fois grandguignolesque et une terrible parabole sur ce qui attend celles et ceux qui transgressent les lois imposées par les religieux crétins et leurs milices de la moralité au pouvoir.
Un film à déguster comme un cake, car il est nourrissant.