Ce n’est pas un sommet de cinéma mais vaut largement la promenade. Rien ne nous est épargné : tempêtes, avalanches, chutes et glissages, engelures et étouffement par manque d’oxygène, hélicoptère à la limite du possible, vanités et ambitions humaines, le tout pour ce que l’on sait déjà en payant son billet : l’ascension du plus haut et plus mortel sommet du monde.
Le vertige ne vient pas seulement des à-pics, des parois et des failles. Il vient aussi de ce que des gens mal préparés, happés par des organisateurs irresponsables, entreprennent l’ascension au péril de leurs vies. Avec bien entendu une happy family restée à la maison pour l’un, une ravissante épouse enceinte pour un autre.
Le scénario est basé sur une histoire vraie et il est écrit par des professionnels irréprochables : tout y est, comme à la parade. Mais la parade, ce n’est pas l’incertitude des combats. Et le film est un peu prévisible, très maîtrisé, et manque de ce je ne sais quoi qui aurait fait d’une magnifique production en stéréoscopie, un événement exceptionnel comme le fut, selon moi, un autre film de montagne : La mort suspendue de Kevin Macdonald.
Avec Everest, il est possible d’imaginer toute la complexité d’un film dont les décors et les effets spéciaux sont, eux, à leurs sommets.