Le crépuscule d'une Diva. Le récit qui sera très désordonné commence en septembre 1967, le 16 exactement, jour du décès de cette immense artiste dont la voix qui s'était altérée l'a poussée au désespoir.
Un biopic donc qui peut s'apprécier selon les trois critères que je retiens pour cela.
Le casting. Si Angelina Jolie est physiquement crédible en doublure de la célèbre cantatrice, son jeu maniéré et absolument sans aucune intériorité la rend agaçante.
Les personnalités de son entourage. Sauf cet Onassis boursoufflé de vanité, il n'y a qu'un couple de domestiques en faire-valoir et qui ne pèse guère. Pierfrancesco Favino et Alba Rohrwacher ont été vus en meilleure forme. Caspar Phillipson nous campe un John Fitzerald Kennedy assez crédible, mais comme de passage après avoir déjà interprété ce rôle pour ce même réalisateur dans Jackie (356) film que j'avais beaucoup apprécié, ainsi que El Club (189) et Neruda (342) comme Spencer (894) des films très réussis.
La partie de la vie choisie pour le scénario. Hélas la confusion est totale, avec un pseudo guide qui est un journaliste pâlichon qui d'entrevue en entrevue, est supposé nous dévoiler des parties de la vie de la cantatrice qui fait une espèce d'introspection déprimante traversée de phantasmes et de souvenirs d'enfance. Mais tout s'entremêle dans une chronologie déconstruite, illustrée par des moments en noir et blanc, des archives réelles ou reconstituées par leur rendu photographique. Le coup de grâce est donné à la fin du film par des plans bien réels, eux, de Maria Callas qui soudain jaillit à nos yeux comme ce qu'elle était : une très grande dame que le film a essayé de réincarner mais sans lui donner d'âme.
Tous les moyens que le cinéma permet concourent à construire ce nouveau portrait de femme qu'affectionne ce réalisateur, mais ils ne suffisent pas cette fois à lui donner une émotion.
Maria by Callas de Tom Wolf (488) après Callas for Ever avec Fanny Ardant ou le documentaire de Philippe Kolhy Maria Callas Assoluta donnaient, me semble-t-il, de cette chanteuse exceptionnelle, une vision plus riche, plus complexe et plus émouvante.
Mais cette nouvelle tentative de s'inspirer d'une vie incomparable nous donne au moins deux joies, celle de très belles images, en particulier de Paris, et celle d'une voix qui fait frissonner.