Quel film délicat et sensible dont la réalisatrice issue du RITCS est métisse, belgo-japonaise, et se lance ici, après trois courts métrages, dans une première fiction d'inspiration familiale très intimiste.
Geert Van Rampelberg, aussi convaincant en entraineur sportif qu'en crooner dans Young Hearts (1618) est le père de l'héroïne, et un accident va traumatiser sa fille qui s'en sent responsable. Ce qui a pour conséquence e.a. de rameuter la famille dispersée, le frère revient d'Allemagne, la mère et sa seconde fille, du Japon.
S'ensuivra une lente période d'apprentissage d'un vivre ensemble qui est décrit avec la grande finesse que l'on attribue généralement aux asiatiques comme nous le montrent plusieurs films récents. Ceux de Naomi Kawase Still the Water (36) Les Délices de Tokyo (212) Vers la lumière-Hikari (491) True Mother ou les films de Kore-eda Après la tempête (427) Une affaire de famille-Shoplifters (573) ou Onoda (845) Drive My Car (934) et le récent All Shall Be Well (1604). Si je cite ces films c'est pour « parrainer » en quelque sorte une démarche fragile, subtile, une introspection qui nous invite à penser le bonheur et la mort, la joie et l'angoisse avec la même placidité, autant que possible. C'est par les yeux d'une très jeune fille, pour la première fois à l'écran à l'âge de 11 ans, que l'on captera toutes ces petites choses qui provoquent des émotions intimes, souvent difficiles à extérioriser.
Préparez-vous à porter un regard « doux » sur cette feuille qui a la forme d'un écran, celui qui nous dévoile des vies.