Traduction libre : le crépuscule.
Ce film est exceptionnel et émouvant, drôle et exigeant, singulier et admirablement mis en œuvre.
Je n’ose écrire « photographié, cadré, monté, sonorisé, joué » car tout y est de façon subtile, incroyablement élégante et fine.
Ce qui déroute sûrement c’est le cheminement un peu chaotique du déroulé de l’histoire. Cela tient au scénario. Pourtant, quoi de plus simple : dans un lieu de cure de luxe, en Suisse, deux vieux amis séjournent parmi d’autres clients d’âge divers.
Et bien entendu ces amis ayant l’âge de penser au bilan de leur vie, nous voguons de souvenirs en regrets, de rêves qui s’estompent en rappels cruels des faits.
Lorsque Jane Fonda vient régler ses comptes avec son metteur en scène, c’est époustouflant.
Il y a d’innombrables saynètes cocasses, fines, amusantes et touchantes à la fois qui participent à cette tranche de (fin) de vie. Ne ratez pas le chef d’orchestre en pleine montagne. Régalez-vous de la beauté de Miss Univers. Soyez fascinés par la Place Saint-Marc sous eau, la nuit. Voyez une espèce de Sumo qui joue au tennis, seul, frappant la balle de sa cheville. Les dialogues très « anglais » sont d’une saveur délicieuse. Vous serez sensibles certainement au désordre de ces vies entremêlées qu’un cadrage rigoureux et inventif remet d’aplomb.
Ce film n’est pas un repas avec menu gastronomique, c’est un buffet de dégustation, très raffiné.