L’histoire est connue : un photographe en début de carrière rencontre un jeune acteur : James Dean.
Le film est puissant, il accroche les gens qui aiment les reconstitutions d’époques récentes, les acteurs et le cinéma, les photos et la souffrance, l’angoisse humaine.
Nous allons de la chenille au papillon. Voilà deux personnes incertaines, cherchant à tâtons leurs voies. Ce qui donne lieu à des scènes de procrastination, d’atermoiements, qui feraient craquer un gardien de Buckingham Palace.
Petit à petit, autour d’eux, se met en place une pression sournoise : celle du journal éponyme, celle du producteur Warner (Ne ratez pas la tronche qu’il fait lors d’une avant-première à laquelle Dean ne viendra pas !)
Il y a dans ce film une intimité, une observation de la vie, qui ne nécessitent aucune explication, ce regard typique des photographes qui voient et donnent à voir ce qui fait sens, sans le truchement des mots.
C’est un film impressionniste, avec des moments de tendresse, une fragile beauté, celle de ces êtres voués à la fosse aux lions appelée aujourd’hui « l’exposition médiatique ». Mais qui relevait déjà à l’époque du Leica et du flash au magnésium, de la voracité anthropophage terrible des média people et de la marchandisation de l’intimité des stars.
Cruel et émouvant.