Un film qui vaut la peine. Il nous présente deux cousins qui se retrouvent pour honorer leur grand-mère défunte. Les membres du petit groupe qui entreprend avec eux un voyage « de la mémoire » en Pologne, accueille les deux cousins qui forment pratiquement un couple au sens de buddy movie. Parce qu'il y a autant d'amour que d'humour entre eux. La complexité de ces retrouvailles tient au fait qu'habitant les U.S.A. ils ont convenu d'aller en Pologne sur les lieux de vie de leur grand-mère, survivante de l'holocauste.
Le film doit donc maintenir un tact, une sensibilité toute particulière dus à la mémoire de cette dame. L'abondant usage de la musique de Chopin, sobre, aide au maintien de cette dignité malgré les aléas et les échanges souvent drôles qui émaillent le voyage.
Le réalisateur tient le rôle d'un des cousins. Il avait été vu e.a. dans le personnage de Mark Zuckerberg, l'un de ses innombrables rôles. Ce film qu'il dirige et interprète est son deuxième long métrage.
Il a osé des séquences qui ne feront pas l'unanimité comme cette séance de photos devant le monument à la mémoire du soulèvement du ghetto de Varsovie.
La visite à Majdanek est beaucoup plus solennelle. Il s'agit d'un camp dont certains bâtiments semblent bien conservés, ce qui crée une émotion intense. 78.000 personnes auraient été assassinées, soit gazées, soit fusillées et nombre d'entre elles ont été brûlées dans les fours crématoires.
Si le film nous plonge dans des réflexions profondément graves sur la transmission de la mémoire, le scénario n'a peut-être pas été assez travaillé pour en éliminer certaines scories et pour prendre la juste mesure de la gravité de son propos. Ce qui n'enlève rien à la nécessité de voir ce type de récit pour que jamais ces drames dont les traumatismes et la peine se perpétuent ne soient effacés.