Si Racine carrée a fait naître de belles choses, Deux au carré ne prendra pas racine. Lorsqu’une comédie légère ne fait pas rire une seule fois une salle cependant bien garnie, c’est une tragédie qui se traîne devant nos yeux écarquillés.
Des acteurs de seconde zone qui s’esquintent à balancer des répliques cucultes de potaches un peu vulgaires en essayant de raconter une histoire aussi bête qu’ennuyeuse, (celle de deux couples qui, sans être échangistes, s’échangent leurs partenaires) dans une ambiance de demi-vedetteke à Cannes, ça soule. On s’essaye en Bourvil vil, en De Funès sans finesse, en Cantonna qu’en a pas, en Valérie Lemercier sans la remercier, en Mioumiou qui garde sa nuisette.
C’est un bide incompréhensible. Car il y a un travail fou de techniciens, un monde considérable qui s’esquinte, en pure perte, pour livrer sur écran un spectacle de revue estudiantine de province et de mauvais goût.
Le réalisateur, la production, les acteurs sans doute, se sentant sur une embarcation étriquée prenant l’eau de toute part, ont eu cette puérile idée de briser le récit qui s’embourbe par des interviews « face caméra ». Au début, on s’étonne ; à force de répétitions, on essaye de comprendre, à la fin, on s’exaspère, tant ce procédé est hors contexte, plaqué et maladroit.