Mais pas le film ! Il est merveilleusement charmant. Par la performance d'abord de Camille Rutherford, comédienne très active depuis 15 ans mais ici elle est éclatante et ce film sera un virage magnifique dans sa carrière. Elle joue la sœur d'une jeune mère. Elle travaille dans une librairie essentiellement anglophone et cela tombe bien : la moitié de son rôle est en anglais. La librairie Shakespeare & C° dans le 5^e^ arrondissement de Paris est le vrai décor magnifique de ces séquences. Elle s'essaye à l'écriture et à la suite d'une démarche faite à son insu, elle se retrouve à un stage d'écriture en résidence en Angleterre, dans un lieu où aurait vécu Jane Austen. Ce qui n'est pas le cas, mais c'est si beau que l'on aimerait y croire. Et là elle connaîtra des états d'âme que les connaisseurs de l'autrice anglaise ressentiront comme proches de ceux décrits par cette écrivaine du XIXe siècle. La question sous-jacente est de savoir si la création littéraire peut se comparer, se substituer à la relation amoureuse.
Si la littérature tisse la trame de ce récit, la musique l'orne avec beaucoup de diversité, d'à-propos et d'inventions. Après avoir beaucoup travaillé comme scénariste e.a. pour des séries télé, la réalisatrice signe ici un premier long métrage qui déborde de qualités simples, proche de nos sensibilités car il parle d'amour et du syndrome de l'imposteur.
L'enjeu de notre écrivaine en herbe est de savoir si elle passe à côté de son existence.
Ne ratez pas Frederick Wiseman qui récite le poème conclusif à la fin du film. C'est un remarquable homme de cinéma âgé de 95 ans à la brillante carrière
Cette comédie romantique réunit tous les ingrédients qui poussent à penser que la déception est une fatalité. Mais que personne ne soit triste : l'amour triomphera et avec autant d'humour que de tact.