C'est à l'annonce de la prochaine sortie de la suite de ce récit, dans quelques semaines, que j'ai souhaité visionner ce film produit il y a bientôt 8 ans. Et c'est un choc que je ne m'étais pas infligé à l'époque.
Les réalisateurs ont été portés au pinacle de l'excellence technique, du talent mis au service de la connerie la plus violente qui soit dans leur film Bad Boys for Live (745) mais ils m'avaient déjà impressionné dans un film très intéressant lui, Black (176) qui ra-contait à Bruxelles une sorte de Roméo et Juliette épouvantable. L'intérêt de ce film-là, à mes yeux, était l'avertissement donné sur ce qui se passait à l'époque (il y a 10 ans !) dans certains milieux gangrénés par la drogue et les clans rivaux. Force est de constater que cela n'a guère inspiré les autorités et les forces de l'ordre qui sont maintenant confrontées à ce qui n'était alors qu'essentiellement de la fiction.
Le titre étrange de Patser est l'utilisation d'un mot de novlangue, de jargon, désignant les frimeurs, les m'as-tu vu dans les milieux chelou et mafieux. C'est là que nous amène le destin de 4 jeunes, sorte de 3 mousquetaires dont le 4e est une étonnante jeune fille éclatante de talent comme d'ailleurs la plupart des intervenants dans ce casting. Une voix off, celle du personnage clé, nous prend en charge quand il faut, tout le long de l'histoire et c'est bien utile même si le débit et l'accent rendent la compréhension de ce guide touristique dans l'enfer d'Anvers et d'Amsterdam parfois un peu difficile à saisir. Nous avons droit à une présentation de la complexité de ces familles en cour d'intégration, qu'elles soient d'origine ita-liennes ou maghrébines.
C'est très bien montré, ça sent le « vécu » des auteurs de ces séquences véritablement d'anthropologie. Mais petit à petit, le glis-sement se fait vers le monde du trafic de stupéfiants, l'on passe du hachich marocain à la coke colombienne. Et cela va provoquer une sorte de feu d'artifice de violences en tous genres.
On menace de déclencher la 3e guerre mondiale, voire même la 4e. Et tous les moyens sont permis et mis en œuvre. La police en particulier est montrée sous un jour terrible, celui de la corruption, des chantages, et des pires compromissions. Est-ce bien documenté ? C'est à craindre.
Ce qui rend le film très attirant pour un certain public c'est qu'il se retrouve dans ces joueurs compulsifs de jeux vidéo, ces roquets qui s'insultent et se menacent sans cesse, ces gens qui n'ont ni foi ni loi dès lors que leur honneur ou leurs intérêts sont en jeu. C'est filmé de façon exceptionnelle, d'une vivacité dans les cadrages, les mouvements de caméra et le montage sont exceptionnels, n'hési-tant pas à jouer des variations de défilement de l'image, de retours en arrière, de saccades, de passages au noir. Ce qui donne une impression paradoxale d'absence de mise en scène, simplement du
« pris sur le vif ». Et c'est très vif !
Cette manière de filmer permet, e.a. le déroulement d'actions in-dépendantes dans le même plan ce qui ajoute aux tentions innom-brables que cette bande de délinquants de grand format génère par leur brutalité à tous égards. Vont-ils surenchérir ? Vous le sau-rez bientôt, dans la suite annoncée.