Créée en 1985 par Jean Libon et Marco Lamensch, l'émission de télé-réalité devenue légendaire propose des courts documentaires tournés d'une façon singulière car s'il s'agit bien de reportages, il n'y a ni interview,ni intervention du réalisateur, moins encore d'un présentateur.
L'idée de base est de dépeindre une personne, quelques-unes parfois, qui sont alors en lien par leur relations familiales, amicales ou professionnelles.
Ce qui a fait l'immense célébrité de ce « format télé » c'est le choix des personnes ciblées. Elles sont généralement criantes de vérité mais sont aussi l'expression d'un genre qui inspire tantôt l'hilarité, tantôt la pitié. Et toutes s'exhibent en parfaite connaissance de cause, c'est hallucinant.
Dans cette nouvelle série, nous avons droit à tout, et en particulier à la gêne que l'on ressent en voyant que des personnes, certes ridicules, pitoyables, sont jetées en pâture à des spectateurs qui sans doute auraient pu garnir les gradins du Colisée.
Des influenceuses crétines ouvrent le bal de brillante façon. Nous avons droit ensuite à l'angoisse d'un hypocondriaque, à la recherche désespérée du succès par des théâtreux sans talent,
à l'autopsie d'un cadavre découpé sur une table de dissection, filmée en un seul long plan qui cherche sans doute à faire fuir de la salle les âmes sensibles. Mais l'affiche nous avait prévenus !
Ni juge ni soumise (482) et Poulet Frites 1060) m'avaient donné déjà l'occasion d'exprimer mon malaise devant cette démarche dont le côté voyeur et méprisant laisse un arrière-goût aigre après le rire parfois intégral.