Mort à Capri.
Ce film très élégant, sensuel et traversé par des désirs inassouvis peut faire penser à Visconti, parce qu'il est aussi italien et qu'il se déroule au bord de la mer dans la région de Naples cette fois.
Nous allons suivre une jeune femme depuis sa naissance en 1950, puis à partir de 1968 et enfin l'année datée de 1982.
Le personnage porte le prénom d'une sirène qui ressemble à une jeune fille, ce à quoi l'affiche fait référence.
Elle est suave, d'une sensualité provocante et irrésistible. Mais elle refuse ce jeu de touché/couché qui lui est souvent proposé.
La beauté, c'est comme la guerre, elle ouvre des portes, elle provoque des rencontres et des évitements, entend-on dans le cours du film. Cette déambulation un peu décadente avait déjà caractérisé La Grande Bellezza (089) du même réalisateur, mais ici il m'a semblé que le charme de l'actrice dans sa vingtaine s'imposait de façon plus puissante que les personnages du précédent film, même si cette langueur n'évite pas certaines longueurs. Loro (559) inspiré par la vie de Berlusconi était aussi empreint d'une sensualité tarifée mais Youth (162) m'avait laissé un souvenir plus savoureux. Chaque fois ce metteur en scène semble fasciné par des scénarios pleins de faux-fuyants et de jaillissements qui ne se matérialisent pas dans une histoire, un récit. Il y a quelque chose de vaporeux dans cet univers qu'il faut accepter pour s'y sentir comme une sirène dans l'eau.