Bouleversant ! D'une densité émotionnelle intense.
Nous découvrons Avesta, une jeune femme Yézidi qui arrive en Belgique en 2015 et avec laquelle les échanges sont difficiles, pas seulement parce qu'elle ne parle que kurde.
Nous comprenons très rapidement qu'elle a été victime des pires sévices et outrages et que l'enfant qu'elle porte est la conséquence du viol par une brute de Daesh dont la famille est bruxelloise. Si elle garde le bébé, c'est pour avoir la preuve de ce qu'elle a subi.
C'est grâce à la bienveillance de son milieu d'accueil à Fédasil et à l'empathie de quelques personnes qu'elle va petit à petit s'ouvrir et partager des récits à proprement parler inconcevables.
Tout cela est filmé avec un tact exceptionnel, un sens du rythme nécessaire à l'émergence progressive du récit, avec une qualité d'image qui accentue le réel de ce qui nous est montré.
La réalisatrice belgo-irakienne a manifestement une connaissance intime du drame de cette population ce qui nous permet, à travers un destin singulier, de prendre la mesure de l'ampleur de la tragédie subie par la cruauté de Daesh. Un film documentaire exceptionnel de Pascale Bourgaux nous avait déjà révélé ce drame, Hawar -- Nos enfants bannis (1270).
Ici nous retrouvons cette merveilleuse actrice, Laëtitia Eïdo admirée e.a. dans Tel Aviv on Fire (663) Les Choses humaines (873) mais aussi dans des séries télé à succès. Sa seule présence dans cette production très modeste atteste de l'importance du récit et de ses enjeux.
La jeune femme qui assume le rôle central est allemande et c'est un début de carrière éclatant comme celui de la réalisatrice qui nous propose un long métrage qui devrait être vu par tout le monde car il donne du sens à l'existence même du cinéma.