C'est peut-être une dure vérité de dire que le film, à maints égards intéressant et très élégamment filmé, ne donne guère de satisfaction sauf celle de voir un excellent casting et une mise en scène tirée à quatre épingles.
Il s'agit de deux sœurs, l'une joviale et coiffeuse, l'autre véhémente à un point rare, épouse d'un digne plombier et mère d'un garçon en surpoids, lunatique et sans autre occupation que les jeux vidéo. C'est cette harpie inépuisable, souffrant de mysophobie qui est le personnage pivot du film qui nous balade paisiblement de séquences ordinaires de leur vie provinciale, en moments de crise familiale.
Tout cela est bien montré mais l'hystérie de la mère finit, à force de répétitions sans évolution, par nous paraître peu sincère.
Le réalisateur est une grande pointure du cinéma social dont j'avais commenté Peterloo (589). Ce film-ci est son 15^e^ et l'intérêt tient essentiellement, m'a-t-il semblé, à l'observation psychologique des personnages qui ont un parcours à la fois de gens ordinaires et de personnalités fragiles, traumatisées. Un type de cinéma qui tranche sur les sujets plus racoleurs par la subtile finesse des portraits proposés.