Allez-y, c'est un film qui réussit admirablement ce difficile mélange de comédie et de sujet grave, celui de l'euthanasie décidément très inspirant pour le cinéma.
Ici il est traité essentiellement dans la relation intrafamiliale et c'est ce qui fait l'intérêt et le charme du scénario.
Une grand-mère, son fils et la petite-fille ado partent en mobilhome conduit par un auxiliaire de vie.
Dès le début, le film impose son ton de comédie, originale et très rythmée.
Les 4 acteurs sont parfaits, on le savait déjà d'Hélène Vincent et de Pierre Lottin. David Ayala campe un personnage déroutant de façon convaincante et sa fille, Marie, est interprétée par une jeune, très touchante et talentueuse Juliette Gasquet.
Si c'est le premier long métrage de cette réalisatrice, enfant de la balle, elle a déjà beaucoup travaillé pour des formats télé. Elle réussit un récit très prenant et amusant à la fois, une sorte de road movie qui va nous emporter. L'intensité des cadrages correspond chaque fois à celle de la scène capturée par une caméra fluide qui nous montre l'essentiel.
Le film nous permet de façon presque frivole, de réfléchir aux différentes façons de terminer sa vie et à nos réactions sur ces questions.
En particulier, le choix du « bon moment » pour communiquer à ses proches sa décision d'en finir. Et toute l'ambiguïté du vocabulaire de ceux qui ont décidé de partir, de mettre un terme au voyage, augmente encore les risques de malentendus. Surtout lorsque ce sujet provoque un déni et soulève comme à chaque fois la question de l'ordre dans lequel prévenir ses proches.
Tout cela est suggéré de façon bien utile dans le cours de l'histoire qui ne se termine absolument pas de façon sinistre car c'est un film écrit avec le cœur.
La grande question posée n'est-elle pas de savoir si « c'est à force de tricher que l'on finira par changer les règles », celles permettant de mourir dans la dignité.