Vous le direz peut-être de ce film provincial et bourgeois dont le sujet est l'adultère évoqué sous l'angle de l'emprise.
Les qualités du précédent film de cette comédienne-réalisatrice, Le Torrent (1079) avaient déjà été mises en valeur et nous les retrouvons ici toutes, autour de 4 personnages : Omar Sy, son épouse interprétée par la toujours excellente Élodie Bouchez, José Garcia son supérieur hiérarchique exigeant et qui va troubler la vie de cette famille et Vanessa Paradis qui, comme dans un roman, revient « Vingt ans après ».
Le père de deux charmantes métisses est C.P.E. ce qui comme chacun sait (mais ce n'est pas dit dans le film) est l'acronyme de Conseiller principal d'éducation. Et ses qualités professionnelles seront bien utiles pour faire face. La sœur de la maman jouera un rôle de soutien moral intéressant ; son métier est céramiste, et spécialiste du kintsugi, méthode japonaise de réparation des porcelaines et céramiques par jointure d'or. C'est une métaphore qui n'est pas directement perçue mais intéressante car elle fait écho à l'intrigue.
L'histoire est pleine de rebondissements et suscite la réflexion sur des thèmes conjugaux éternels : l'estime de soi, l'usure du temps, le recours aux bobards, la confiance et la suspicion, le déséquilibre ressenti par celui qui croit aimer plus que l'autre, la charge mentale des parents et l'emprise que peut exercer une tierce personne, surtout lorsqu'il y a eu « promotion canapé ».
Si le film ne fait pas avancer l'art cinématographique (malgré le soutien incompréhensible du tax shelter) il nous apprendra, preuve à l'appui, que les chats castrés reviennent toujours.