C'est le nom d'un tout jeune garçon que nous ne verrons pratiquement pas mais dont il est question durant tout le film au motif qu'il aurait « mal traité » un camarade de classe. Et nous ne quitterons pas l'établissement scolaire où se déroule l'action, essentiellement consacrée aux échanges entre la mère d'Armand, le couple des parents de l'enfant qui se dit préjudicié et l'équipe pédagogique.
Les dialogues, les situations très complexes sont admirablement mis en scène et l'on en découvre toutes les subtilités, les surprises et les retournements au fil de cette journée cruelle.
Il y a dans la dernière partie une séquence phantasmatique qui étonne par le contraste radical avec le « naturalisme » de la mise en scène subtile qui est faite des échanges filmés avec une grande adresse esthétique. Et parfois, non sans un certain humour. Sans doute le réalisateur a-t-il tenté de rapprocher le langage verbal de celui de l'expression corporelle ? Chacun appréciera selon son ressenti. Mais il y a là une tentative intéressante d'établir des ponts entre échanges de mots et échanges de gestes.
Ce jeune réalisateur dirige avec une grande maîtrise son premier film et il doit connaître un peu le cinéma car il est le petit-fils de Liv Ullmann et Ingmar Bergman.
Nous partageons avec lui, comme une évidence, la complexité de l'image mentale que chacun se fait d'événements qui sont colportés par des témoignages jamais vérifiés, exprimés pour des motifs non avérés et vécus par des parents qui ne sont pas « innocents » dans ce qu'ils ont induit et dans ce qu'ils transmettent. C'est parfois désarmant.